jeudi 16 octobre 2014

Rêve de jeune fille















Clémence se réveilla doucement et bailla. Elle tendit paresseusement son bras vers le réveil dont les chiffres luminescents lui indiquèrent qu’il était 9h15.

-         Bon, ça va, songea-t-elle, il n’est pas trop tard.

Elle étendit ses jambes et savoura la sensation de sentir ses muscles s’étirer doucement. Elle songea aux heures passées à faire de la gymnastique, à rentrer en harmonie avec son corps et à la magie de voltiger dans l’espace, comme si elle en faisait partie intégrante. Elle regrettait d’avoir abandonné la compétition, mais elle ne pouvait pas le prendre le risque de continuer à se blesser. Heureusement, il lui restait la danse, et elle comptait bien utiliser à son profit l’expérience acquise pour continuer à développer ses talents. Et puis il y avait le tennis. Comme une danse invisible avec un adversaire. Se déplacer, frapper la balle, apprécier la trajectoire, anticiper le mouvement de l’autre, se replacer, recommencer. Un plaisir à l’état brut. Absorbée dans ses pensées, elle s’allongea sur le ventre. Elle pensait immanquablement que cette position serait celle qu’elle serait obligée d’adopter après que les deux globes rebondis de la partie arrière de son individu aient été châtiés. Recevoir une fessée. Elle s’imaginait souvent, au réveil, qu’il entre dans sa chambre, la grondant d’avoir paressé. Et elle, protestant, se rebellant, même. Elle n’avait pas l’habitude de se confronter à des limites. Depuis son enfance, ses parents lui cédaient quasiment tout. Elle avait ainsi développé des compétences en insolence, tricheries au lycée et autres joyeusetés sans jamais être inquiétée. Elle était ainsi passée des premières places lors des années de collège à un baccalauréat obtenu de justesse, sans aucune gloire. Et encore cela avait été-t-il très juste. Elle avait eu de la chance de tomber sur un examinateur bienveillant. Clémence savait pertinemment que les mots étaient devenus inutiles pour la raisonner, mais elle aspirait secrètement à ce qu’enfin un adulte la comprenne et, au lieu de baisser pavillon devant ses provocations, lui rétorque soudain :

-         Cela suffit, Clémence. Tu as été assez prévenue. Ton comportement doit changer. Assez palabré. Tu vas recevoir la fessée. Et ce autant de fois que nécessaire.

La simple évocation de ce mot la faisait à chaque fois rougir et perdre ses moyens. Elle savait qu’elle protesterait, tout en ne désirant qu’une chose, c’est que la punition promise soit mise à exécution. Clémence imaginait volontiers des scénarios dans lesquels son insolence et son manque de travail lui vaudrait d’être soudain basculée sur les genoux de celui qui lui administrerait sans coup férir une bonne déculottée. Au fond d’elle-même, elle aurait voulu expérimenter ces scénarios tant de fois couchés sur le papier, peut-être pour apprivoiser ce fantasme récurrent qui la poursuivait depuis tant d’années. Et puis, parfois, elle caressait l’idée qu’elle soit punie pour son comportement réel. Oui, elle n’était pas sérieuse. Oui, elle savait qu’elle gâchait ses capacités. Oui … elle aimerait sans doute être recadrée … Clémence se lova au fond de sa couette, s’étira de nouveau et s’arracha à ses pensées. Il était temps de se lever.

Après un petit-déjeuner rapide, elle prit une douche et se retrouva dans sa chambre, enveloppée dans une serviette. Elle était seule pour la journée. Elle aurait tout le temps pour ses essayages. Clémence ouvrit le tiroir de sa commode et en sortit doucement la petite jupe plissée bleu marine qu’elle s’était confectionnée. Une jupe courte, comme celles des collégiennes d’antan, ou encore celles que continuent à porter les étudiantes japonaises. Clémence aimait particulièrement les scénarios professeur-élève. Peut-être parce que ce scénario, classique au demeurant, lui permettait de se mettre dans la peau d’une gamine soumise à l’autorité d’un professeur, c’est à dire celui qui apprend, qui est conscient que son élève est susceptible de faire des erreurs, et de ce fait est tout autant prêt à la recadrer qu’à continuer à la guider par la suite. Ce scénario lui permettait d’exprimer une insouciance d’enfant et la possibilité de tester les limites dans un cadre propice à ses rêveries. Elle posa la jupe sur son lit, acheva de sécher son corps devant le miroir et enfila une jolie petite culotte aux couleurs pastel. Elle passa doucement ses mains sur ses fesses, imaginant se retrouver sur ses genoux dans cette tenue. Ses mains à lui seraient assurément en contact avec ses jolies courbes d’une manière beaucoup moins douce. Mon Dieu ! Elle était folle d’imaginer cela ! Mais à la simple pensée d’être maintenue sur ses genoux, battant des jambes, recevant la fessée, sur le point d’être déculottée et de sentir ses fesses commencer à cuire, à la simple évocation de la brosse ou de la ceinture qui pourraient s’inviter afin de « marquer le coup » - cette expression la fit sourire et frémir en même temps, des milliers de papillons s’envolèrent dans son ventre. Elle ne savait pas très bien pourquoi, mais elle savait que c’était un désir profondément ancré en elle. Sa première expérience l’avait déçue. Elle espérait que la prochaine, s’il y en avait une prochaine, serait différente. Elle enfila sa jupe, des socquettes blanches, un chemisier blanc froncé, légèrement cintré à la taille, flanqué de deux épaulettes. Elle esquissa un pas tournant devant sa glace. Une broche bleu marine pour tenir ses cheveux complèterait parfaitement le tableau. Elle s’imagina en collégienne indisciplinée, devant lui, qui jouerait le rôle du professeur intransigeant.

Une salle de classe. La fin de la journée. Elle s’apprêterait à sortir. Mais une voix la retiendrait :

-         Clémence. Restez ici je vous prie.
-         Euh … oui, Monsieur.
-         Et bien, Clémence, votre devoir ?
-         Je … je l’ai oublié.
-         Ah ! Tiens ! Comme c’est curieux … vous avez aussi oublié que je vous l’ai déjà réclamé hier ? Et que vous m’avez dit la même chose ?
-         Non …
-         Clémence. Je vous ai également précisé que je n’accepterai aucune excuse si vous ne me l’apportiez pas aujourd’hui.

Le cœur de Clémence s’accélérerait. Ses professeurs s’étaient toujours contentés d’un simple mot dans le bulletin, toujours signé par ses parents, qui, s’ils y jetaient un coup d’œil, faisaient semblant de gronder leur fille avec un air faussement scandalisé et un sourire à peine dissimulé. Mais avec lui ce serait différent.

-         Je vous ai prévenue, Clémence. Et je vous ai également annoncé la sanction encourue en cas de manque.
-         Mais … Monsieur …
-         Clémence. Vous avez ce devoir avec vous, oui ou non ?
-         C’est à dire que …
-         Oui ?
-         … que … c’est compliqué, en fait.
-         Clémence. Pour moi, au contraire, c’est très simple. Je vous ai prévenue hier que si je n’avais pas votre devoir aujourd’hui, cela serait la fessée. Vous avez même baissé les yeux et rougi.

Clémence le détesterait d’avoir noté ce détail révélant son trouble et de le lui rappeler.

-         Non ! Je ne veux pas !
-         Oh, j’imagine … les jeunes filles de votre âge ne viennent pas spontanément la réclamer, d’ordinaire.
-         Mais … ce … ce n’est pas si grave … c’est juste un devoir …
-         Clémence. N’avez-vous jamais songé au sens premier du mot devoir ? Un devoir doit être fait. Et quand une jeune fille ne fait pas ses devoirs, le rôle du professeur est de la rappeler à son devoir, si j’ose dire. Et dans votre cas précis, vous connaissez déjà la méthode que je vais employer.
-         Non !
-         Cela suffit, Clémence.

Clémence imagina qu’il se lève, agacé, lui saisissant le poignet. Elle se coucha sur son lit. Releva sa jupe et mit son bras dans le creux de ses reins, comme s’il était fermement maintenu. Elle cria :

-         Non ! Non ! S’il vous plaît ! Pas la fessée ! Pas la fessée !

De l’autre main elle essaya de se claquer la fesse. Elle frémit en imaginant être dans cette même position, basculée sur ses genoux, réellement maintenue, recevant réellement la fessée. Sa respiration s’accéléra. Elle fit glisser sa petite culotte sur ses cuisses.

-         Clémence. Il y a longtemps que tu la mérites, celle-là. Et ce n’est pas la peine de gigoter dans tous les sens, je ne vais pas te lâcher.
-         S’il vous plaît ! Je regrette ! Pas la culotte ! Nooooon ! Noooooooon !

L’orgasme qui l’emporta la laissa quelques instants tremblante. Elle songea qu’à ce moment précis elle aurait aimé réellement sentir ses fesses lui cuire. Peut-être qu’énervé par ses gesticulations aurait-il été chercher la brosse ? Peut-être aurait-il défait la ceinture de cuir noir de son jean pour la plier en deux et lui claquer vertement la peau déjà rougie ? Peut-être l’aurait-il obligé à se mettre à genoux au coin, fesses nues ? Et puis, après un moment qu’elle aurait de toute façon jugé trop long, elle l’aurait senti derrière elle. Elle se serait jetée dans ses bras.

-         Pardon … pardon … je … je suis désolée …
-         Tu vois ce qui arrive, n’est-ce pas, quand on franchit les limites ?
-         Oui …

De nouveau elle aurait arboré un air gêné, enfouie au creux de ses épaules, n’osant pas le regarder.

-         Dis … c’est fini ? Je suis pardonnée ?
-         Oui …

Une vague apaisante de bien-être aurait déferlé en elle. Il est là. Il va me consoler. Elle se serait blottie contre lui, sentant ses bras se refermer autour d’elle. Ressentant un mélange de honte et de soulagement. Honteuse d’être encore à moitié nue contre lui, d’avoir été punie, et soulagée que cela soit arrivé, que cela soit fini, et ne désirant qu’une chose, se noyer dans la tendresse qu’il manifestait à présent à son égard. Il m’écoute. Il me comprend. Il lui aurait murmuré  que c’était fini en lui caressant doucement les cheveux. Et puis, tout simplement, il aurait été là, contre elle, pour un long, un très long câlin, comme si elle avait besoin de se convaincre que les compteurs étaient remis à zéro, qu’elle pouvait repartir sur de nouvelles bases, qu’il lui faisait confiance.

Clémence ferma les yeux. Tout cela n’était qu’un rêve de jeune fille. Mais peut-être un jour ? Apaisée, Clémence se leva, défroissa sa jupe, se changea et sortit. Dehors le soleil l’enveloppa de ses rayons chauds. Cette année, elle avait un concours à préparer, une nouvelle étape dans sa vie à mener. La scène qu’elle venait de vivre virtuellement repassa dans son esprit.  Un sourire monta sur ses lèvres.

dimanche 12 octobre 2014

La dure vie des précepteurs


En échangeant l’autre jour avec une princesse sur les rencontres entre précepteurs et  princesses, celle-ci m’a envoyé une très jolie analogie. Avec sa permission je la reproduis ici.

Ce n’est pas toujours facile d'être précepteur ... surtout quand les petites princesses ne sont plus seulement désobéissantes mais deviennent véritablement pénibles. Mais bon, c'est avec l'expérience qu'on s'améliore ;-)

Vivre entouré de princesses, c'est comme être dans un jeu vidéo parfois ...

Il y a :

-         le niveau facile : les princesses qui font des bêtises de temps en temps mais qui se calment immédiatement quand tu hausses le ton ;

-         le niveau intermédiaire : les princesses qui font pas mal de bêtises et ne se calment pas toujours quand tu les grondes et à qui il faut parfois administrer une bonne correction pour qu'elles se calment ;

-         le niveau difficile : les princesses qui peuvent faire beaucoup de bêtises et avec qui il faut réagir immédiatement si on ne veut pas être dépassé par les crises. Si le niveau est difficile, c'est qu'il faut vraiment réussir à cerner la personnalité de la petite princesse et trouver les punitions adaptées qui réussissent à la calmer (du moins pour un temps ;-) ) ;

-         le niveau impossible : quand les petites princesses sont justes méchantes et qu'elles ne souhaitent pas vraiment partager quelque chose avec le précepteur mais plutôt s'imposer à lui ;

-         le niveau bonus : les princesses et le précepteur vivent une aventure différente des autres qui peut leur apporter à chacun quelque chose ;

-         le niveau final : là, il n'y a plus qu'une princesse mais c'est celle qui te correspond vraiment. Elle n’est pas facile à trouver et il faut déjà réussir tous les autres niveaux pour être un super précepteur. 

Tu vois c'est tout pareil, sauf que comme c'est pas virtuel, quand on perd une partie, c'est beaucoup plus difficile à accepter.
Je dois dire que j’ai adoré !

Du virtuel au réel


J’ai déjà abordé le sujet du passage au fantasme à la réalité. J’aimerais revenir ici sur la différence entre le virtuel et le réel. J’entends par virtuel les échanges qui ne se concrétisent pas par une rencontre IRL (In Real Life), c’est à dire qui se contentent d’une ou plusieurs des modalités suivantes : MP (Message Privé sur les forums), mails, chat, téléphone, Skype, même si échanger par téléphone ou Skype constitue un pas majeur vers le réel.


Le virtuel

Le virtuel permet – et c’est sa force – de longs échanges sur un sujet qu’il n’est en général pas très facile à aborder au cours d’une soirée ;-). Les personnes rencontrées sur les forums et les blogs affichent la couleur, et il y a priori un intérêt commun. Les échanges virtuels permettent tranquillement d’échanger et de voir si l’intérêt commun se confirme ou non. Ils permettent aussi à chacun d’explorer son fantasme, surtout lorsqu’on est en phase de découverte et qu’on ne sait pas forcément ce que l’on désire et ce que l’on ne désire pas.  Mais l’une des caractéristiques principales, c’est que le premier sujet d’échange se situe d’emblée très loin dans l’intime, et se trouve donc investi d’une puissance émotionnelle très forte.


Le réel

Le réel – même s’il ne consiste qu’à se rencontrer pour prendre un verre – est un passage déterminant. Il permet de se rendre compte si le « feeling » est là. C’est à cet instant que l’on appréhende la personne dans son ensemble. La plupart du temps, dans la vie réelle, lors de nos rencontres –  dans un bar, en boîte, sur les bancs de l’université ou au travail, dans une association sportive ou culturelle, peu importe –  nous sommes attirés de manière instinctive vers telle ou telle personne, qui nous « plaît ». La façon dont cette personne parle, se comporte, son langage verbal, la manière dont elle s’habille, tout cela nous attire – ou pas – en fonction de notre propre histoire, en fonction de ce que nous sommes. A partir de là, s’il y a attirance réciproque, « compatibilité », il y a rapprochement : prendre un café, aller au cinéma, au restaurant, parler de soi. La découverte de l’autre va du général au particulier, de l’image extérieure à l’intime, et ce par degrés successifs. A chaque étape, il peut y avoir rupture, lorsque apparaît une incompatibilité de fond : opinions trop éloignées, valeurs non partagées, désirs trop différents. A contrario, au fur et à mesure de ces rapprochements, il y a le sentiment que la « compatibilité » est de plus en plus forte. Parler de nos fantasmes se situe en général longtemps après ces étapes, lorsqu’un degré d’intimité très fort est établi.  


Deux manières opposées de se découvrir

Ainsi, dans le virtuel et dans le contexte qui nous occupe, le processus de découverte de l’autre est exactement le contraire de ce qui se passe habituellement dans le réel : de l’intime au général dans le premier cas, et du général à l’intime dans le deuxième.


Réconcilier le virtuel et le réel

Lorsqu'on démarre une telle relation par le virtuel, se rencontrer au bout de quelques semaines d’échange – ou du moins envisager cette rencontre – me paraît être le moyen de donner une chance de synchroniser le réel et le virtuel avant qu’il n’y ait trop de décalage entre eux. Cela permet d’avancer, quelle que soit l’issue de la relation. Attendre trop longtemps, c’est risquer de s’imaginer l’autre non tel qu’il est, mais comme on voudrait qu’il soit. Et puis projeter pendant des mois et entretenir uniquement une relation virtuelle est quelque chose de frustrant pour moi.


En guise de conclusion

Le virtuel m’a permis d’étendre radicalement le champ de mes expériences personnelles, en me permettant d’échanger avec des personnes partageant des univers analogues au mien. Je n’aurai jamais fait cela sans Internet. J’ai parfois très longuement conversé en virtuel avec certaines princesses, parce que nous y trouvions chacun notre compte. Simplement, mon désir profond étant d’être au final dans le réel, il arrive qu’à un certain degré de partage, notamment en cas de « compatibilité », j’ai besoin que la relation s’établisse dans la « vraie » vie pour connaître la personne autrement que par le biais d'échanges virtuels (que je partage ensuite ou non d'ailleurs ce fantasme avec la princesse en question).

Quoiqu'il en soit, le plus important pour moi quand on démarre une relation en commençant par le virtuel est d’arriver à être le plus clair possible sur les désirs et les limites de chacun, et de voir si un terrain d’entente est possible ou non. C’est facile à écrire, moins facile à faire, mais après tout cela ressemble terriblement à la vraie vie :-). Bien sûr, il n'y a pas de règle. J'ai parfois rencontré très vite certaines personnes dans le réel, et parfois, même après de longs échanges et un partage d'univers semblables, le passage au réel ne s'est jamais fait. Comme tout un chacun j’imagine, je réalise mon propre bricolage entre le virtuel et le réel, parce que dans les deux cas, cela fait du bien de projeter, de désirer, en un mot, cela fait du bien de se sentir vivant :-).

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