vendredi 26 avril 2013

Traité d'éducation des jeunes princesses à l'usage de leurs précepteurs - Chapitre VI


Psychologie de la jeune princesse

4ème partie



Herbeline, la tête basse, n’osa pas protester et précéda Maître Samuel qui referma la porte derrière elle. Elle respira un grand coup, et se souvint de la dernière fois où elle avait franchi cette porte. Elle avait joué avec Sélène, Sophia et Louise à mimer l’histoire des épousailles de Venise avec la mer, cette histoire captivante que Maître Samuel leur avait un jour racontée. Elle s’était imaginée à la place du doge, jetant lors de la cérémonie nuptiale, la sposalizio del mare comme la nomment les italiens, un anneau d’or dans l’étang, rebaptisé lagune pour la circonstance. Prise par le jeu, elle avait retiré le joli anneau qu’elle portait d’ordinaire à son doigt, mais au lieu de le conserver dans la main lorsqu’elle avait jeté son bras en avant, il lui avait malencontreusement échappé et l’anneau avait atterri dans l’eau trouble. Mise au défi par ses camarades et malgré son appréhension, elle avait plongé la tête la première pour le récupérer. En vain. Et c’était au moment où elle sortait de l’étang, dépitée, trempée, que Maître Samuel l’avait aperçue. Elle avait reçu une fessée dont elle se souvenait encore, d’autant que le percepteur l’avait obligée à retirer immédiatement sa robe, et c’est en petite culotte qu’il l’avait amenée à son appartement, n’oubliant pas de ponctuer sa route de claques d’autant plus cuisantes que sa peau était trempée. Cette fessée mouillée, comme l’avait appelé par la suite les petites princesses, était restée dans les annales du fait de ses circonstances particulières. Herbeline sentait confusément que la correction qui s’annonçait allait probablement rivaliser avec celle dont elle venait de se rappeler.

Herbeline ne s’était pas trompé. Maître Samuel s’empara d’une chaise et la plaça au milieu de la pièce. A la fin de la première fessée, troussée, déculottée, les fesses en feu, Herbeline savait déjà qu’elle réfléchirait à l’avenir à deux fois avant de se plonger trop longtemps dans les histoires illustrées. Au moment où le précepteur la conduisit dans le coin de la pièce, elle aperçut le coussin qu’il avait préparé pour qu’elle puisse se mettre confortablement à genoux. Maître Samuel était certes sévère, mais il détestait par-dessus tout infliger des punitions inutiles. Cette marque d’attention, accompagnée du sentiment que son précepteur était vraiment fâché par sa conduite la fit éclater en sanglots, qui redoublèrent quand il lui annonça :

-         Tu peux pleurer ma petite Herbeline … car les trente claques qui t’attendent dans quelques minutes vont être à coup sûr désagréables.

Désagréable était un euphémisme pensa t’elle … mais il était encore plus douloureux d’être privé de la tendresse de Maître Samuel. Elle n’avait jamais autant aspiré à être pardonnée. Elle ne protesta pas lorsque le précepteur l’obligea à mettre ses mains derrière sa nuque, offrant à son regard ses jolies fesses rougies qui allaient devoir encore subir la marque de ses mains.

La fin de la correction se passa comme dans un rêve. Dès la première claque, Herbeline battit des jambes, tant sa peau était devenue sensible.

-         N’oubliez pas de compter chère Herbeline …
-         Aïe ! Ouye ! Ca fait mal … Un …
-         Une fessée n’est pas censée faire du bien je crois …

Au bout de vingt claques Maître Samuel la releva.

-         C’est … c’est fini ?
-         Herbeline … combien de claques vous-ai je promis ?
-         Tren … trente …
-         Il en reste donc ?
-         Dix …
-         Que vous allez recevoir debout.
-         Non ! S’il vous plait ! Pas debout !
-         Herbeline … ce n’est pas vous qui décidez …

Le bras gauche maintenu au creux de ses reins, Herbeline subit les dix dernières claques sur ses fesses et ses cuisses, trépignant, hurlant, sanglotant. Lorsque enfin cela s’arrêta, elle se précipita sur le lit en cachant son visage dans l’oreiller. Il lui fallut plusieurs minutes pour reprendre ses esprits. Lorsqu’elle se retourna, Maître Samuel était là, avec un tendre sourire. Elle lui tendit ses bras et sentit une vague de douceur la submerger. Enfin …

Maître Samuel caressait doucement son dos, ses bras, ses globes rebondis et rougis et ses douces cuisses.

-         Allons … allons … c’est fini …
-         Pardon … Maître …
-         Vous saurez comment frapper à ma porte, désormais, n’est-ce pas ?
-         Maître … s’il vous plaît … j’ai honte …
-         Je le sais … mais je tiens à m’assurer que la punition a été suffisante … si vous vous avisiez de protester, cela m’indiquerait qu’un ajustement est à prévoir …

Herbeline ne tenait pas vraiment à connaître la teneur des « ajustements » de Maître Samuel. Elle se blottit plus fort et murmura :

-         J’ai compris maintenant … je vous le promets … je ne lirai plus d’histoires illustrées si je n’ai pas fait mon travail … et je frapperai respectueusement à votre porte en vous attendant comme une petite princesse sérieuse, sage et polie …
-         C’est bien …

La lueur d’une chandelle projetait leurs ombres sur le grand mur blanc. Petit à petit la douleur s’estompait. Herbeline pensa qu’emprunter la première marche de l’escalier qui mène au paradis devait ressembler à un moment comme celui-ci. Cela lui fit songer à cette vieille ballade que leur avait fait étudier Maître Samuel, et dont elle avait appris par cœur quelques bribes. Lorsqu’elle se rapprocha un peu plus de son précepteur, elle chantonna à l’intérieur d’elle-même :

Yes, there are two paths you can go by, but in the long run
There's still time to change the road you're on.
And it makes me wonder.

dimanche 21 avril 2013

Traité d'éducation des jeunes princesses à l'usage de leurs précepteurs - Chapitre VI


Psychologie de la jeune princesse

3ème partie



Je viens de finir de traduire la suite de l’histoire … et je vous confirme que les pages retrouvées par Princesseenherbe n’ont effectivement rien à voir avec le traité … sans doute une ébauche de rédaction sur le thème « Les rêves des petites princesses » ;-)

Alors voici la seule véritable et authentique  suite de ce qu’il advint à Herbeline lorsque Maître Samuel ouvrit la porte :

-         Maître ? Mais … mais … mais … vous … vous n’êtes pas … dans la cour ?
-         Je vois que vous êtes une petite princesses très observatrice, Herbeline … j’allais venir vous ouvrir, après avoir fini de corriger la dernière copie de la pile … lorsque je vous ai entendue commencer à parler … je me suis demandé un moment ce que vous faisiez, alors j’ai attendu … et vite compris …
-         Mais … je … qui est-ce qui discute avec la cuisinière, alors ? Avec … votre cape noire ?
-         Une cape noire … sachez, jeune demoiselle, que cet attribut n’est pas réservé aux précepteurs … vous voulez signifier que vous avez aperçu une personne dans la cour et que vous m’avez confondu avec elle ?
-         Je …
-         Et que ce faisant, vous vous êtes permise de jouer les effrontées devant ma porte ?

Herbeline était au supplice.

-         Croyez-vous que je sois satisfait de cette conduite ?
-         Non … je … je regrette …
-         Oui, je pense effectivement que vous allez le regretter … je vous avais fait venir pour que nous nous expliquions à propose de ces séries de livres d’images que vous compulsez sans cesse … à toute heure du jour et de la nuit … et pour lesquelles vous allez déjà recevoir une correction de nature à vous permettre de mieux équilibrer les heures que vous consacrez à vos études et vos loisirs … vous irez ensuite à genoux au coin pour méditer quelques minutes … et il sera inutile de remonter votre petite culotte sur vos fesses … car nous enchainerons sur une deuxième explication …

Quelques larmes perlèrent au coin des yeux d’Herbeline. Maître Samuel était vraiment fâché.

-         Et ensuite … puisque vous savez que je tiens beaucoup à ce que mes punitions soient justes et en rapport avec la faute commise … pour ne pas oublier qu’il est inopportun de frapper de cette manière à ma porte … vous recevrez trente claques supplémentaires … que vous compterez … sur vos fesses déjà bien rougies, je pense qu’elles produiront l’effet escompté … et qu’elles vous dispenseront à l’avenir de répéter vos petites pièces de théâtre devant mes appartements …
-        
-         Allez ! Rentrez maintenant !

vendredi 19 avril 2013

Traité d'éducation des jeunes princesses à l'usage de leurs précepteurs - Chapitre VI


Psychologie de la jeune princesse

2ème partie



Décidément ce blog suscite des vocations … Après Lou, Princesseenherbe m’a fait parvenir la suite de l’histoire avant que je ne la traduise. Je l’ai trouvée charmante, même si bien évidemment je crains que la copie du traité qu’elle semble détenir soit une version complètement fantaisiste. Dès que j’aurai traduit à mon tour la suite de l’histoire, nous pourrons effectuer une comparaison qui sera passionnante je n’en doute pas !

Herbeline fut soulagée lorsqu'en entrant elle vit que Maître Samuel n'était pas du tout fâché contre elle. Bien au contraire, il lui demanda de venir et la prit sur ses genoux pour lui faire un énorme câlin :-D
Elle avait pourtant eu bien peur quand Maître Samuel lui avait dit qu'elle devrait venir le voir pour discuter un peu. Elle avait même écrit :

Les précepteurs
Sont tous des menteurs.
Ils disent qu’ils veulent discuter
Mais c'est juste pour nous mettre une fessée.
Ils nous basculent sur leurs genoux
Et nous corrigent à grands coups
Jusqu'à nous faire pleurer.
Et si on tente de leurs échapper
Ils nous le font regretter !
Maître Samuel je ne le croirai plus jamais
Quand il me dira qu'il veut me parler
Parce que maintenant je sais que ce n'est pas vrai
Et que les précepteurs
Sont tous des menteurs.

Traité d'éducation des jeunes princesses à l'usage de leurs précepteurs - Chapitre VI


Psychologie de la jeune princesse

1ère partie


Dans ce chapitre nous allons illustrer, cher lecteur, la psychologie de la princesse débutante. Celle-ci réagit généralement de manière spontanée aux différents événements qui jalonnent son parcours. Elle aura tendance à se conduire de manière frivole, presque enfantine, sans se rendre compte immédiatement des conséquences et de la portée de ses actes. Ce sont également des petites princesses très sensibles, qui vont réagir de manière tout aussi spontanée lorsque tu seras obligé de les ramener à la raison. Avec elles il est rare d'avoir besoin de recourir à des punitions vraiment sévères, et si tu dois le faire, ce sont des fessées qui les marqueront pour longtemps. Mais leur fraîcheur et leur espièglerie t’amèneront sans doute à leur administrer des fessées plus souvent qu'à l’ordinaire. Il te faudra donc doser avec soin les punitions qu'elles recevront et ce de manière proportionnelle à leurs bêtises. En parlant de proportions, je t'invite à lire l'histoire suivante, où Maître Samuel put établir une corrélation tout à fait judicieuse entre la bêtise d'Herbeline et sa punition. 

Herbeline se trouvait devant la porte des appartements de Maître  Samuel. Les dernières lueurs du soleil couchant éclairaient le long couloir aux murs blanchis à la chaux. Les colonnes de pierre blanche placées tous les cinq mètres environ rythmaient l'espace. De vieux tableaux ornaient les murs, représentant pour la plupart de graves et sérieux gentilhommes. Chaque fois qu'Herbeline parcourait ce couloir, elle avait l'impression de changer de monde. Tout était plus carré, presque austère. Herbeline hésita à frapper, tant cet appartement privé lui rappelait de mauvais souvenirs. Chaque fois qu'elle avait été convoquée chez Maître Samuel, cela s'était en général mal passé pour elle.  Le soleil venait de disparaître derrière l'horizon, et ses ultimes rayons orangés éclairèrent faiblement le couloir avant de disparaître.

Herbeline frissonna, frappa trois coups et attendit. Seul le silence lui répondit. Au bout d’une minute, elle réitéra l’opération, sans succès. Maître Samuel devait être absent. Elle s’éloigna de quelques pas et, à travers la grande fenêtre ménagée dans le mur d’en face, elle jeta un œil dans la cour. Elle aperçut une haute et fine silhouette familière, enveloppée d’une cape noire, en train de parler avec la cuisinière. Maître Samuel l’avait convoquée et se permettait de deviser tranquillement dans la cour !

Herbeline sentit la colère monter en elle. Pour une fois qu’elle pouvait prendre son précepteur en défaut, elle n’allait pas se priver, se dit-elle en son for intérieur. D’un autre côté, il n’était probablement pas très malin de commencer à lui faire des reproches sur son retard … sachant qu’elle-même avait été convoquée pour s’expliquer sur son emploi du temps. En effet, Maître Samuel avait découvert qu’Herbeline passait un temps non négligeable à lire des histoires illustrées. Il y en avait toute une série découverte dans le grenier, et cela se faisait bien sûr au détriment de ses études. Elle terminait souvent ses devoirs au dernier moment, se couchait très tard, bref se mettait dans des situations parfois difficiles. Mais l’envie de se venger par avance de la fessée qu’elle recevrait très certainement la poussait à agir. Elle regarda de nouveau par la fenêtre la cuisinière et Maître Samuel, en grande conversation. Elle avait le temps. Et l’idée qui venait de germer dans son esprit, même si Maître Samuel n’en saurait rien, était de nature à lui apporter une satisfaction immédiate. Mi-agacée mi-souriante, elle se campa devant la porte, cala ses poings sur ses hanches et, s’adressant à la porte close, parla bien fort, imitant le style de son précepteur :

-         Et bien Maître Samuel ! On ne respecte pas ses engagements ? On convoque ses petites princesses et on ne se trouve pas là ? On préfère parler avec la cuisinière du menu de demain ? Ce n’est pas très sérieux tout cela … Alors … je vais compter jusqu’à trente … trente coups sur votre porte … et je cesserai quand vous l’ouvrirez !

Joignant le geste à la parole, Herbeline frappa à coups répétés la lourde porte de bois, en scandant à chaque fois de sa petite voix :

-         Un ! Deux ! Trois ! Quatre ! …

Elle s’interrompit à vingt, vérifia malgré tout que la silhouette noire était toujours en train de converser dans la cour. Son cœur battait tout de même un peu plus fort lorsqu’elle finit de compter, un peu plus rapidement :

-         Vingt-huit, vingt-neuf, trente !

Herbeline faillit s’évanouir lorsqu’elle vit la porte s’ouvrir devant elle et la silhouette de Maître Samuel s’encadrer dans l’embrasure.

mardi 16 avril 2013

Le manuscrit de Lou - 6

Lou m'ayant fait parvenir la suite de la traduction de son manuscrit, je vous la livre à mon tour ... une sixième partie où l'on découvre les vertus de l'obéissance, du travail et de l'étude ...



Des nuits dans les dortoirs

6ème partie

L'apprentissage de la solidarité 3

Le lendemain matin avait été difficile pour les petites princesses. Lorsqu'elles entrèrent dans la grande salle de restauration, Maître Samuel versait du lait dans le bol d'Herbeline.
Sophia fit une courte révérence au précepteur et prit sa place auprès de sa camarade. Sélène en fit de même, la mine encore bien fatiguée. 
Demeurée à l'entrée de la pièce, la petite Louise sembla hésiter un instant. Ses yeux étaient encore rouges et son visage portait toujours des marques de fatigue. Elle tournicota entre ses doigts l'une de ses boucles blondes puis se présenta devant Maître Samuel.
A sa moue enfantine et son silence, elle qui d'ordinaire était une vraie tornade, le précepteur vit combien la leçon de la veille avait été sévère. Elle serait docile aujourd'hui. Dans un sourire, Il l'interpella:
- Comment se porte ma petite Lou ce matin?
- ...
Louise ne répondit pas mais instantanément, ses grands yeux s'embuèrent de larmes et elle cacha son visage contre lui.
- Oh...c'est encore difficile ce matin...je vois...murmura t-il en laissant ses doigts glisser sur les jolies fesses. Elle gémit. 
Il la saisit par la main et l'emmena face à Herbeline qui les observa, sa tartine en suspens.
- Pourtant tu te souviens de ce que je t'ai demandé hier n'est-ce pas?
Le ventre de Louise se serra. Et quand Maître Samuel utilisait le tutoiement, il valait mieux s’exécuter de suite.
Sans regarder Herbeline, le nez baissé, Louise prit une inspiration et murmura d'une petite voix:
- Je te demande pardon Herbeline...
- On regarde les gens dans les yeux lorsqu'on s'excuse mademoiselle...
- ...Je...je te demande pardon Herbeline...répéta Louise en levant les yeux sur elle, ...j'ai douté de ta sincérité hier et...et je t'ai accusé d'être une menteuse...c'est pour cela que j'ai entraîné mes camarades à nous enfuir au milieu de la nuit...
Herbeline piqua un fard. Son estomac se tordit et elle reposa sa tartine, mal à l'aise. Bien entendu qu'elle avait menti. Elle voulait tant dormir dans les bras de Maître Sam. Se sentir en sécurité. Mais voir son amie si démunie la fit se sentir coupable. Elle allait ouvrir la bouche et avouer son méfait quand Maître Sam s'exclama:
- Bien! Louise je vous félicite de votre repentir. Je veux que vous déjeuniez maintenant...En silence. Ce matin, l'étude est remplacée par une activité en plein air. Sous ce beau soleil, nous devons en profiter et nous allons nous amuser à planter des fleurs dans l'ancien jardin du cloître.
- Oh oui! se réjouit Sophia, battant des mains de concert avec Sélène.

Mais la mine glaciale de Maître Samuel les freina subitement.
- Sophia et Sélène, vous resterez à l'intérieur, chacune dans une pièce séparée. Votre comportement de la veille mérite une punition. Sélène, vous terminerez vos chapitres de l'Odyssée, quant à vous Sophia, j'ai un petit quelque chose qui pourra fort bien vous aider dans votre apprentissage de l'éducation à la française...
Maître Samuel alla jusqu'à sa serviette et en sortit un petit livre à la couverture rose. Intérieurement, Sophia la trouva délicieuse.
- Tenez. Vous lirez les six premières nouvelles.
- ...L'Hept...L'Heptaméron de Marguerite de Navarre?
En déchiffrant le titre, Sophia avait pâlit. Ce livre ne lui disait rien qui vaille. 
- Vous verrez que c'est un très bon livre mademoiselle...Pour ce qui est de la fessée, je vous l'administrerai quand j'y serais disposé.

La gorge nouée, il avait été impossible à la jeune Herbeline de terminer sa tartine ni d'oser révéler la vérité à Maître Samuel. Elle n'osait plus regarder Louise.
La perspective d'être punie à l'intérieur toute la journée et d'être fessée durement à tout instant la tétanisa sur place. Tant pis pour Louise, elle ne se dénoncerait pas. Pas maintenant...
Maître Samuel sourit à la jeune princesse.
- Je tiens à féliciter ma chère Herbeline en revanche, qui par son comportement exemplaire depuis son arrivée gagnera probablement son dimanche auprès des siens. 
Herbeline ouvrit la bouche comme Louise la fusillait du regard mais la referma bien vite, se tassant sur sa chaise.
- Oui Herbeline, renchérit Maître Samuel qui n'était pas dupe de la culpabilité de son élève dans cette histoire. Vous vouliez dire?
- Je...non, je...je voulais juste vous remercier...maître...
- C'est tout à votre honneur... Veuillez terminer vos petits-déjeuners je vous prie, une longue matinée nous attend.

Une heure plus tard, Sélène et Sophia potassaient leurs ouvrages chacune de leur côté tandis qu'Herbeline et Louise jardinaient. Maître Samuel leur recommanda de bien nouer leurs tabliers afin qu'elles ne tâchent point leurs robes blanches, ce qui fut fait sans rechigner. 
Si Louise s'avérait absorbée dans sa tâche et obéissante, Herbeline était distraite. Grimpait toujours plus en elle la culpabilité du mensonge. Lorsque Sélène arriva, son livre à la main, Herbeline pâlit de nouveau.
- Maître, j'ai terminé les chapitres...
- Fort bien Sélène...Voyons voir...Qui est Calypso?
Sélène rougit. Elle plissa le nez, cherchant dans sa mémoire de qui Maître Samuel voulait parler. Elle avait passé bien plus de temps à tenter de communiquer avec Sophia à travers le mur qu'à lire ces maudits chapitres. Quelle sotte avait-elle été! Comment n'avait-elle pas pensé que le précepteur la questionnerait?
- Calypso c'est...c'est le compagnon d'Ulysse?
Maître Samuel claqua sa langue contre son palais. Mauvais signe.
Lentement, il remonta ses manches jusqu'aux coudes. Ce simple geste fit paniquer Sélène.
- Oh non! Maître Samuel, non!
- Oh que si, Sélène! Si!
D'une main ferme, il attrapa la petite princesse et l'immobilisa sous son bras. La première claque retentit si fort que Sélène hurla immédiatement, et fondit en larmes. Bon sang, Louise avait raison : Maître Samuel donnait la fessée de plus en plus en fort. 
- Je regrette! supplia Sélène, le visage trempé de larmes. Arrêtez! Vous êtes méchant, vous êtes...

Trois claques successives sur la cuisse droite interrompirent la jeune fille. Maître Samuel reprit la fessée, déculottant la petite insolente et frappant tour à tour les deux globes rougis devant lui. Comme sa camarade la veille, Sélène baissa les armes devant la puissance contre laquelle elle ne pouvait lutter et subit sa cuisante fessée en sanglotant douloureusement. De toute sa vie, elle n'avait été aussi sévère. 
Enfin Maître Samuel la relâcha.
- Remontez votre petite culotte Mademoiselle, on ne montre pas ses fesses ainsi dehors.
La voix glaciale et la remarque humiliante firent redoubler les pleurs de la petite princesse qui s’exécuta maladroitement.
- Je vous écoute, qui est Calypso?
Sélène ouvrit grands les yeux.
- ...Je...mais...
- Alors? Ou faut-il qu'une fessée plus sévère encore ne vous en fasse revenir le souvenir?
- ...Je...je ne sais pas, je n'ai pas lu le...le chapitre Maître...pardoooon...gémit-elle en suffoquant.
- Mademoiselle Sélène vous multipliez les sottises et je vous prie de croire que vous n'allez pas gagner à ce jeu. Tout d'abord vous vous joignez à Louise pour fuir en pleine nuit et aujourd'hui, en dépit de la fessée promise, vous n'exécutez pas la punition à laquelle vous êtes assignée. Vous faites preuve d'une insolence évidente et je ne suis vraiment pas fier de vous.

Sélène avait baissé la tête. Elle se sentait si petite tout à coup. Sa fierté et son caractère de feu s'était éteint sur l'instant. Elle pouvait sentir le regard de Maître Samuel la détailler de la tête aux pieds. Qu'attendait-il pour agir? Plus vite elle serait fessée plus vite ce regard cesserait de la rendre honteuse.
Mais Maître Samuel n'avait pas l'intention de rendre les choses faciles. Il était temps qu'elles comprennent toutes qu'elles n'étaient pas les plus fortes.

- Vous allez retourner expressément dans la bibliothèque et lire les chapitres demandés. Je viendrai plus tard vous interroger. Tâchez de ne pas vous tromper Sélène...ou le martinet saura vous faire trouver les bonnes réponses.

La petite princesse fila bien vite à l'intérieur. On pouvait encore entendre ses sanglots tandis qu'elle s'éloignait. 
Herbeline plantait des pensées, la gorge nouée, plus morte que vive, sous l'oeil accusateur de Louise qui ne pipait mot...

dimanche 14 avril 2013

Traité d'éducation des jeunes princesses à l'usage de leurs précepteurs - Chapitre VII

Je me suis remis à la traduction du traité ... un peu dans le désordre ... mais j'étais curieux de savoir ce qu'il allait advenir après la 2ème partie du chapitre VII ...


Instaurer un cadre

- 3ème partie - 
 
 
Sélène, Herbeline et Sophia passèrent devant Maître Samuel en silence. Arrivées dans le cloître, elle jetèrent un œil sur le ciel qui s'était chargé de lourds nuages gris. L'atmosphère était lourde, presque étouffante. Le précepteur fit s'aligner devant lui les petites princesses. Mains croisées derrière leur dos, elles tournicotaient nerveusement leurs doigts tout en se balançant d'une jambe sur l'autre. Alors la leçon de morale commença.

- Voyons ... Herbeline, vous deviez me remettre un devoir je crois ... où est-il ?
- Maître ... je ...
- Un coup de vent malencontreux l'a emmené dans la cheminée, je parie ... c'est cela ?
- Non ... c'est ... c'est Louise ...
- En parlant de Louise ... qui était persuadée que vous aviez été sages en mon absence ... où est-elle partie ?
 - Elle nous a dit qu'elle allait chercher un livre à la bibliothèque ... pour étudier ...
- Ah ... quel sérieux ... J'irai vérifier dans quelques minutes ... il n'y a pas de raison que les explications que je vais vous prodiguer ne lui profitent pas elle aussi ... 

Herbeline frémit. Elle ne savait que trop comment les "explications" de Maître Samuel se terminaient ... Malgré la moiteur environnante, c'est comme si un souffle d'air glacé était remonté derrière son dos. Chaque fois que le précepteur leur rappelait une phrase entendue grâce à la configuration de la salle de l'écho, les petites princesses rougissaient et leur nervosité s'accroissait. L'attente était insupportable. Puis ce fut la dernière remontrance :

- Et n'oubliez pas que ces quelques semaines passées dans ce couvent sont destinées à vous enseigner en pratique ce qu'est un cadre ... et ce qu'il est susceptible de vous arriver si vous en transgressait les limites  ... Mais à présent ...
- Noooooooon !

Maître Samuel venait d'attraper Herbeline par le bras. S'asseyant sur le muret de pierre qui séparait les colonnes du cloître entre elles, il la bascula promptement, troussa sa robe et commença à lui claquer les fesses. Chaque fois que la main du précepteur s'abattait, Herbeline avait l'impression que la claque était plus douloureuse que la précédente. Sophia et Sélène, hypnotisées, regardaient ce spectacle les yeux grands ouverts. Puis ce fut leur tour de subir ce malheureux sort. Sophia essaya bien de se débattre, mais elle ne récolta que quelques claques sur les cuisses en guise de réaction. Quant à Sélène, une remarque que Maître Samuel jugea impertinente la mena directement à une fessée cul nu.

De nouveau, les trois princesses étaient debout devant le précepteur. Les cheveux en bataille, les vêtements froissés et quelques larmes qui finissaient de rouler sur leurs joues témoignaient de la punition qu'elles venaient de subir. C'est à ce moment que l'orage éclata. Un éclair au loin déchira le ciel, et le bruit du tonnerre les fit sursauter. Quelques lourdes et tièdes gouttes de pluie tombèrent en éclaireuses, entrainant rapidement le reste de leurs congénères. La pluie tombait à présent drue et la température avait rapidement baissé de plusieurs degrés. 

De l'autre côté du muret, sans protection, Louise, trempée, frigorifiée, tremblante, attendait. Elle s'était réfugiée là en sortant de la salle de l'écho, pressentant la catastrophe. Elle avait assisté par ouïe interposée à la punition de ses camarades. Les éclairs de plus en plus nombreux lui étaient insupportables. Elle se leva au moment précis où Maître Samuel se retournait. 

- Tiens tiens ... Louise ... je ne savais pas que la cour de ce cloître recélait une annexe de la bibliothèque ...

Les joues de Louise virèrent au rouge. Heureusement il faisait sombre, et Maître Samuel ne pouvait sans doute pas la voir. Mais le reste de son attitude trahissait son désarroi.

- Faut-il que je vous répète tout ce que j'ai dit à vos camarades ? Ou cela a t'il fait suffisamment écho en vous, si j'ose dire?

Louise restait silencieuse. Elle se morigénait intérieurement d'avoir ainsi parlé de son précepteur.  Mais c'était trop tard.

- Bien ... puisque vous ne répondez pas ... enlevez donc votre robe ... et venez me rejoindre ...
- Mais ... Maître ...
- Faites ce que je vous dis, Louise. Trop de liberté sied peu aux petites princesses, et puisque vous ne savez pas vous montrer raisonnables, nous allons instaurer avec vous un cadre un peu plus strict.

Le ton calme et le regard du précepteur étaient éloquents. Louise ne protesta pas et, toujours sous la pluie, retira sa robe. La pluie tombait de plus belle, et Louise pouvait sentir sur ses jambes nues le ruissellement de l'eau. Ses cheveux étaient trempés et encadraient un joli visage complètement défait. Sa petite culotte lui collait à la peau. Elle se sentait coupable vis-à-vis de ses camarades, et en même temps furieuse de s'être fait prendre. Maître Samuel, d'un signe de menton, lui indiqua de la rejoindre. Lorsqu'elle sentit sa main coincée au creux de ses reins et Maître Samuel la calant bien contre lui, elle sut que la fessée serait longue et cuisante. Elle cria lorsque les premières claques s'abattirent sur ses cuisses, faisant voltiger quelques gouttes d'eau. Elle se débattit en vain lorsqu'elle sentit le précepteur faire glisser sa petite culotte le long de ses cuisses. Les claques qui suivirent lui donnèrent l'impression d'un feu brûlant dévorant la partie charnue de son individu. Lorsque le précepteur enjoignit Herbeline, Sophie et Sélène de rejoindre le réfectoire, elles entendirent longtemps les cris de Louise résonner dans le cloître.

 




mercredi 10 avril 2013

Traité d'éducation des jeunes princesses à l'usage de leurs précepteurs - Chapitre VIII


De l'art et la manière de déclencher une punition

Instaurer un cadre et une relation entre le précepteur et la princesse qui lui est confiée demande un certain temps et de nombreux échanges qui nourriront la relation. Mais comment s'établit cette relation particulière ? Tu trouveras deux modalités, cher lecteur, qu'il te sera utile de connaître : la menace que tu manieras avec doigté et la provocation qui est l'apanage des petites princesses.

Pour ce faire, tu annonceras le plus clairement possible ce qui attend ton élève, et ce d'autant plus que la princesse débutante est ignorante des punitions qu'elle encoure suite à un comportement inapproprié. Souviens-toi que cette menace devra ensuite être mise à exécution : il importe que la punition soit proportionnelle à la faute et qu'elle soit juste. Avec la princesse débutante, tu agiras avec progressivité, mais fermeté. Avec la princesse expérimentée, tu seras sévère afin que la leçon ne soit pas oubliée. Mais arrêtons là les longs discours, tu en verras beaucoup plus utilement une illustration dans le récit qui va suivre.



Ce mercredi-là, lorsque Maître Samuel fit son câlin à Herbeline au moment de se coucher, il lui annonça qu'ils seraient seuls tous les deux pendant quelques jours.

- Herbeline … Sophia a dû rentrer précipitamment auprès d'une parente malade … J'ai conseillé aux parents de Louise de l'emmener respirer quelques jours l'air de la mer, je l'ai trouvée fatiguée ces temps-ci … Quant à Sélène, elle est un peu lunatique ces derniers temps ... et je l'ai invitée à se reposer quelque temps chez une lointaine parente ...

Herbeline oscilla entre l'envie de sortir du couvent - enfin respirer l'air de la liberté - et la joie malgré tout d'avoir Maître Samuel pour elle toute seule. Si elle se débrouillait bien, elle arriverait bien à lui voler quelques câlins supplémentaires sans qu'il s'en aperçoive … et sans que cela se termine comme l'autre nuit, où sa nuit avec Maître Samuel s'était achevée par une cuisante fessée. Il avait fallu que la jalousie de Louise provoque une dispute qui leur avait été fatale en définitive à toutes les deux. Herbeline en était là de ses pensées lorsque la voix du précepteur la ramena à la réalité :

-         Et, bien entendu, j'attends de vous une conduite particulièrement exemplaire …

Herbeline décida de sourire, tendit les bras et ne relâcha Maître Samuel qu'à regret. Elle se félicita néanmoins de la longue durée du câlin, proportionnelle très certainement à son attitude. Louise avait commencé à lui apprendre à enjôler les hommes, et elle éprouvait un grand plaisir à s'exercer avec Maître Samuel. Elle s'endormit, rêvant tout à tour de câlins et de fessées mélangées. Le souvenir de ces rêves la poursuivit toute la matinée du lendemain. Elle décida d'en faire une comptine pour s'en rappeler, tant le mélange de tendresse et de sévérité chez Maître Sam l'attirait et lui faisait peur tout à la fois. Une fessée n'est pas un moment des plus agréables qui soit, se disait-elle en écrivant :

Les petites princesses
Et leurs jolies fesses
Sont faites pour enjôler
Les précepteurs fâchés
Afin qu'ils oublient
Les bêtises qu'elles font la nuit
Et se faire cajoler
Au lieu de recevoir des fessées.

Le déjeuner se passa de manière très agréable. Ils devisèrent sur les études et le nécessaire sérieux qu'il convenait d'y apporter. Maître Samuel félicita son élève sur ses excellent résultats – elle était la première de son groupe – et l'encouragea à se maintenir à ce niveau. Herbeline était aux anges. Peut-être cette trop grande confiance accordée fût-elle le déclencheur de sa demande malheureuse ? Ou encore l'absence de ses camarades, lui donnant le sentiment d’être invincible ? Toujours est-il que le soir, triomphante, elle annonça à Maître Samuel :

- Maître ! Un câlin !
- Pardon ? Et bien, Herbeline, est-ce de cette manière dont je vous ai appris à demander les choses ?

Herbeline savait que le fil qui sépare l'humour de l'impertinence était très ténu, mais encouragée par la proximité qui s'était installée de facto entre le précepteur et elle-même, elle crut bon de poursuivre avec un sourire faussement contrit :

- Je vous présente mes excuses Maître Samuel … Ma phrase n'est effectivement pas correcte, il manquait notamment un verbe, comme vous nous l'avez appris. Permettez-moi de reformuler : Je veux un câlin.

Herbeline avait imperceptiblement appuyé sur le « veux ». Maître Samuel fronça les sourcils. Herbeline baissa les yeux et un signal d’alarme résonna dans sa tête. Mais c’était trop tard.  Elle murmura :

- Pfffff … non, je ne veux pas … J'exige un câlin !

Elle avait soudainement haussé le ton sur la fin de sa tirade, sans s'en rendre compte. Maître Samuel, interloqué, la regarda :

- Herbeline ! Tu ne me parles pas comme cela !

Le tutoiement était rare chez Maître Samuel. Il annonçait en général des ennuis imminents. Herbeline venait de se rendre compte de sa gaffe. Elle avait été trop loin. Pourtant elle savait bien que Maître Samuel attachait une grande importance au fait que les petites princesses lui parlent bien. Il aimait à répéter, avec ironie : « Si vous ne châtiez pas votre langage, c'est votre postérieur qui sera châtié ». Pourtant, Herbeline et ses consœurs avaient été depuis longtemps habituées à recevoir une bonne claque sur leurs fesses, voire leurs cuisses lorsqu'elles se laissaient aller à un écart de langage entre elles. Et elles évitaient soigneusement de s'aventurer sur ce terrain-là avec Maître Samuel.

- Herbeline. Je suis ton précepteur. Et dans précepteur il y a presque toutes les lettres du mot respect. Je vais t'aider à t'en souvenir immédiatement.

Ce faisant, Maître Samuel souleva les draps et Herbeline se recroquevilla instantanément sur elle-même.

- Maître … je … non ! S'il vous plaît ! Ça m'a échappé ! Je ne voulais pas !

C'était trop tard. En un tournemain, Herbeline se retrouva allongée sur le ventre et elle sentit une cuisante douleur lorsque la main du précepteur claqua sur sa cuisse nue. Elle poussa un « Aïe » et chercha à se remettre sur le dos, commençant à s'agiter dans tous les sens. Bien mal lui en prit. Maître Samuel, énervé, se mit à genoux sur le lit, et d'un geste ferme vint plaquer Herbeline contre lui. A présent, couchée sur le côté, Herbeline, horrifiée, sentit qu'une main venait saisir l’élastique de sa petite culotte. Malgré ses protestations, elle sentit le doux glissement de l'étoffe sur ses fesses et ses cuisses. Un courant d'air caressa ses fesses nues et la fit frissonner. Elle cria ;

- Nooooon ! S'il vous plaît ! Pas la culotte !

Quelques minutes plus tard, Maître Samuel relâcha son étreinte. Les fesses rouges, le visage baigné de larmes, Herbeline regrettait amèrement sa conduite. Exiger un câlin et se moquer de Maître Samuel l'avait menée une fois de plus vers une punition exemplaire.

- Bien. Dormez maintenant ! Et nous verrons si vous arrivez à racheter demain votre conduite pour mériter un câlin. Vous aviez été prévenue pourtant … Et vous savez que quand je vous menace, ce n'est jamais en vain. D'ailleurs … demain matin, lorsque je viendrai vous réveiller … vous aurez à cœur j'espère de vous lever sans rechigner.

Maître Samuel sortit sans un mot, laissant Herbeline méditer sur ces dernières paroles, qui s'inscrivirent en lettre rouges dans son esprit. Peut-être est-ce elle-même qui rédigea ensuite cette jolie comptine, retrouvée insérée comme tant d'autres dans les marges du manuscrit :

Quand la menace est annoncée
Il faut bien se méfier
Car en effet
Princesse avertie
Est sévèrement punie
Lorsque les limites sont franchies.

Le lendemain matin, après une mauvaise nuit passée sur le ventre, Herbeline se réveilla en entendant cogner à sa porte.

- Herbeline ! Il est dix heures ! Et si vous n'êtes pas dans un quart d'heure au réfectoire, c'est moi-même qui viendrait vous lever !

Herbeline se redressa. Ses petites fesses étaient encore douloureuses. Elle enfouit sa tête dans l'oreiller. C'était trop dur. Elle caressa doucement les extrémités de ses courbes rougies et grimaça. Maître Samuel n'avait pas eu la main légère. Et la perspective du cours de littérature ancienne de la matinée consacré à l’Amphitryon de Plaute n'était pas pour l'enthousiasmer.

Un quart d'heure plus tard Herbeline était toujours au lit. Lorsque Maître Samuel entra et souleva les draps, Herbeline revécut en accéléré dans son esprit la même scène que la veille. Maître Samuel s'assit sur le lit, attira Herbeline et la coucha d'autorité sur ses genoux.

- Puisque vous n'avez pas compris …

Herbeline n'eut pas le temps de protester. Ses fesses encore meurtries de la punition de la veille subissaient de nouveau l'ire du précepteur. Au bout de seulement quatre claques elle était en pleurs. Maître Samuel poursuivit la fessée. Lorsqu'il eut fini, Herbeline ne bougeait plus. Elle avait subi courageusement sa punition, comme abandonnée, les avant-bras repliés sur le lit. Les claques sur les cuisses l'avaient fait sursauter. Le précepteur sentit sa détresse, et, contrairement à son habitude, ne l'envoya pas dans le coin de la chambre. Il releva la petite princesse et lui ouvrit ses bras. Elle s'y précipita en murmurant :

- Pardon … pardon …
- Oui … voilà … tu sais que je suis obligé de tenir mes promesses … pour ton bien …

Herbeline pensa que ses fesses étaient d'un autre avis, mais elle ne protesta pas. Enfin un câlin … Elle se serra plus fort contre Maître Samuel.

- Feras-tu des efforts à présent ma petite Herbeline ?

L'emploi du tutoiement trahissait à présent l'émotion du précepteur. Herbeline en fut remuée et murmura :

- Je vous le promets, Maître Samuel … je ferai … de mon mieux …

La journée de travail pouvait commencer.




mardi 2 avril 2013

Le manuscrit de Lou - 5

Voici la 5ème partie du manuscrit de Lou, transmise grâce à la diligence de notre petite princesses éponyme. Une partie où l'on découvre les vertus de l'abandon ...

Des nuits dans le dortoirs

5ème partie


L'apprentissage de la solidarité - 2

Pas un mot n'avait été prononcé et les trois princesses se trouvaient alignées, les mains derrière le dos, le nez baissé. Leurs trois petits cœurs battaient la chamade. Si Sélène et Sophia demeuraient relativement calmes et semblaient attendre de savoir à quelle sauce elles seraient mangées, Louise s'agitait. Elle paraissait bouleversée, nerveuse, à fleur de peau. Maître Samuel l'observait et voyait comme elle triturait ses doigts derrière son dos, comme elle retenait ses larmes, comme elle luttait intérieurement entre l'envie d'exploser et celle de capituler. Elle était perdue, et cela toucha le précepteur. Il put sentir toute la tension qu'elle avait accumulé. La jalousie, la rancœur, l'agressivité, toutes ces émotions se bousculaient en elle, il fallait qu'elle exulte.

- Louise...

La voix de Maître Samuel avait été douce et fit se relever les trois visages angéliques. Louise vit la main du précepteur tendue vers elle et la saisit timidement.

- Je reviens, dit-il aux deux petites princesses en emmenant Louise avec lui.

Sélène et Sophia se regardèrent, perplexes.

Dans le couloir, Louise commença à pleurer. Tendue, rebelle, craintive, elle sentait son pouls s'accélérer, ses yeux s'embuer de larmes acides. Elle serra les dents. Elle ne voulait pas céder. Maître Samuel la fit entrer dans la bibliothèque et là, sans un mot, sans un reproche, il releva la jolie robe et en gestes précis fit glisser la petite culotte de Louise de ses hanches à ses chevilles. Elle eut à peine le temps de réagir que le précepteur avait approché une chaise et l'avait calé fermement sur ses genoux.

- Non, noooooon, je veux pas, je veux pas! se débattait-elle, véritablement en colère.

- C'est pourtant ce qu'il vous faut ma chère petite Louise...

La première claque s'abattit sur les petites fesses bien rondes et Lou se raidit. Elle ne voulait pas crier. Intérieurement, elle affolait. Elle sentait que faiblir pourrait la libérer mais encore trop fière, elle se refusait à le faire. Elle se persuada alors d'être un corps fait de bois et se répéta inlassablement que la douleur n'était rien. Ce fut sans compter la fessée particulière que Maître Samuel avait décidé de lui administrer.

Les claques se succédèrent peu à peu, de plus en plus vite et avec une force qu'il ne mettait pas d'ordinaire. La douleur était vive, trop vive, à couper le souffle par la fréquence des claques. Louise pouvait la ressentir sur ses fesses, sur ses cuisses, dans le bas du dos, dans sa chair et dans ses os. Il lui fut bientôt impossible de retenir ses cris.

Dans la chambre des princesses, Sélène et Sophia avaient plaqué leurs mains contre leurs bouches, les yeux agrandis d'effroi. Jamais elles n'avaient entendu leur jeune amie crier autant, pas même avec le martinet.

Puis tout à coup, ce fut le silence.

Un silence effrayant qui fut interrompu par le bruit sec d'une nouvelle claque. Et là, pour la première fois, elles entendirent la voix de l'abandon. L'abandon le plus total.

Louise venait de capituler. Résigner à subir, elle avait bien senti qu'elle ne serait pas de taille à lutter et, épuisée, fragilisée, son corps finit par se détendre, sa tête à ne plus tenter de se relever, ses jambes à cesser de battre...Maître Samuel continua la fessée. Sévèrement. Imperturbable. Sa main commençait à chauffer, à picoter mais il ne faiblit pas. Il avait délibérément voulu en arriver là.

Maintenant, Louise avait perdu toute défense et toute pudeur. Elle pleurait désormais comme un bébé, à gros sanglots, sans chercher à se retenir, sans lutter. Finalement, en dépit de la douleur que lui procuraient la main du maître, malgré les pleurs qui lui brûlaient les yeux et la gorge, malgré une chape de tristesse et de chagrin qui s'abattait tout à coup sur ses frêles épaules, la petite princesse se sentit apaisée.

Enfin, les claques cessèrent.

Sélène et Sophia décollèrent lentement leurs mains de leurs bouches. Elles avaient blêmi. Alors que Sélène allait ouvrir les lèvres, Maître Samuel entra. Il tenait par la main une Louise épuisée, reniflant encore, le visage trempé de larmes, la poitrine se soulevant convulsivement.

La petite n'eut pas un regard pour ses camarades, elle avait quelque chose de perdu et démuni qui les toucha.

- Votre heure de coucher est passée depuis trop longtemps maintenant, au lit, fit le ton froid de Maître Samuel. Quant à vous mesdemoiselles, je réglerai mes comptes demain.

Sélène et Sophia ne se firent pas prier pour se coucher, la boule au ventre.

Le silence se fit dans la chambre. Seuls se faisaient entendre les doux murmures de Maître Samuel qui demeura un long moment auprès de Louise, inconsolable.

Finalement, ses mots apaisants et ses tendres caresses l'endormirent et il quitta la chambre.

Sa réaction avait été la bonne, il en était satisfait. La petite Lou avait eu grandement besoin de lâcher prise enfin.

Mais dans quelques heures, les bonnes manières devraient s'apprendre pour les autres petites impertinentes et il entendait bien rendre les choses plus claires pour tout le monde...

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