jeudi 14 février 2013

Traité d'éducation des jeunes princesses à l'usage de leurs précepteurs - Chapitre III


Prévenir les dérives des petites princesses

Je t'ai laissé dans le chapitre précédent, cher apprenti précepteur, aux prises avec une petite princesse fatiguée ... mais qui avait néanmoins dépassé les bornes pendant sa leçon ... il est temps maintenant d'examiner avec attention comment Maître Samuel s'y est pris pour tancer vertement Herbeline ... afin de prévenir son insolence ... En effet, si tu n'y prends garde, le comportement d'une petite princesse peut vite dériver dans le mauvais sens ... et il importe alors de lui indiquer le chemin à suivre ... afin qu'elle ne s'égare elle-même dans des impasses toujours fâcheuses ... Mais rejoignons à présent Herbeline ...

Herbeline se trouvait à présent devant la lourde porte en bois qui barrait les appartements de Maître Samuel. Elle avait dû se faire violence pour venir jusque là, et au fur et à mesure qu'elle s'était approchée, elle avait ressentie des frissons dans son dos. Des nuées de papillons s'étaient envolées dans son ventre, qu'elle aurait préféré voir voleter au printemps dans les champs. Elle s'en voulait intérieurement de s'être montrée insolente devant la classe, ce qui lui avait valu en retour cette convocation sans équivoque. Elle leva le bras, prête à frapper ... mais elle n'en eut pas le courage et le laissa retomber. Elle baissa la tête, croisa instinctivement ses mains derrière son dos, comme pour protéger par dessus sa robe les deux jolies mappemondes dont avait parlé Maître Samuel. Une image lui traversa l'esprit ... ses fesses dénudées, et la main de Maître Samuel s'abattant sur elles ... Elle eut un mouvement de recul ... et sentit qu'elle bousculait quelqu'un derrière elle.

- Eh bien Herbeline ? Vous ne semblez pas très pressée d'entrer céans ?
- Oh... je ... excusez-moi ... mais ... vous n'êtes pas ... à l'intérieur ? enfin ... non ...
- Quelle perspicacité ...

Herbeline se sentit démunie. Elle aurait voulu disparaitre. Tout mais pas se retrouver avec Maître Samuel. Subir son ire. Elle ouvrit la bouche pour protester ...

- Maître ...
- Silence. Entrez maintenant. Puisque vous ne semblez pas gôuter mes leçons de géographie et que vous paraissez fatiguée de surcroît, je vais vous donner l'occasion de vous reposer ... mais nous allons d'abord terminer ensemble la leçon que vous avez interrompue ce matin ... une leçon particulière de géographie va vous faire le plus grand bien ...

Herbeline poussa la lourde porte qui s'ouvrit en silence. C'était la première fois qu'elle pénétrait dans les appartements de Maître Samuel, mais toutes celles qui l'avaient précédée ne s'en étaient pas vantées ... les rares confidences qu'elle avait pu recueillir étaient partielles ... "Si cela t'arrive un jour ... tu vas pleurer ... tu regretteras de t'être fait remarquer ... tu dormiras sur le ventre ...". Et à présent, c'est elle qui se trouvait là ... se remémorant ces phrases lourdes de sous-entendus ...

- Herbeline. Vous savez ce qui vous attend, n'est-ce pas ?

Herbeline était dans un état second. Elle écouta le discours de Maître Samuel sans protester, les yeux baissés. Elle aurait voulu disparaître sous terre. Avec difficulté elle voulut articuler :

- Maître ... je ... je regrette ...
- Et je crois que vous n'avez pas fini de regretter ma petite Herbeline ...

Le précepteur s'avança, saisit le bras d'Herbeline et la bascula sur ses genoux. Malgré ses protestations, il troussa sa robe et les deux petites mappemondes de la jeune princesse apparurent, enserrées d'un doux tissu blanc. Trois fortes claques sur chacune d'entre elles la firent crier.

- Bien ... puisque vous n'avez pas bien écouté ce matin ... je vais employer d'autrs moyens pour attirer votre attention ... Nous allons réviser si vous le voulez bien les courbes de niveau ...
- Maître ...
- Nous allons procéder par analogie ... je vois ici deux petites collines ... dont la forme est tout à fait charmante ... et qui méritent un relevé topographique précis ... en insistant sur chaque partie ... et pour cela ... je vais commencer par les débarrasser de ce qui les recouvre ...

Herbeline poussa un cri, mais en un tournemain Maître Samuel avait déjà mis ses fesses à nu. 

- Allons, allons ... allez-vous bien écouter à présent mes leçons ? Et ne plus jouer les petites impertinentes ? Ou faut-il, pour vous aider, que je dessine sur ces jolies courbes quelques chemins pour que vous vous souveniez de l'entrelacs compliqué des routes qui parcourent notre fief ? J'ai là quelques lanières de cuir serrées dans mon tiroir ...  

C'en était trop pour Herbeline qui fondit en larmes. Alors la punition commença. La main de Maître Samuel se leva et s'abattit en cadence sur les fesses nues. Herbeline battit des jambes, cria, tenta d’échapper à l’étreinte de Maître Samuel, mais ses efforts restèrent vains. Quelques minutes plus tard, ses fesses étaient devenues rouge vif. 

- Allez ! Au lit à présent !

Herbeline ne demanda pas son reste et s'enfuit en larmes, se réfugiant dans sa chambre. Elle ne se calma que le soir, lorsque Louise vint lui apporter un frugal repas qu'elle partagea avec elle. Louise se contenta de prendre son amie dans ses bras en la serrant contre elle, attendant que la crise de larmes qu'elle venait de déclencher ne cesse.

- Allons ... c'est fini ... tu ne seras plus insolente, maintenant, n'est-ce pas ?
- ... 
- Allez ... il est temps de dormir ... sinon Maître Samuel va de nouveau te gronder ...
- Louise ... tu restes, dis ?

Louise esquissa un sourire.

La nuit était tombée. Louise remua les braises du feu, rajouta une bûche, et quelques minutes plus tard les flammes jaillirent dans la pièce, projetant sur les murs des ombres fantastiques. Les deux amies se déshabillèrent, firent leur toilette et se glissèrent sous les lourdes couvertures. Louise avait compris que cette nuit là, Herbeline avait besoin d'être consolée. Elle ouvrit ses bras. Herbeline se réfugia contre elle en poussant un soupir.

dimanche 10 février 2013

Traité d'éducation des jeunes princesses à l'usage de leurs précepteurs - Chapitre II


Psychologie de la princesse débutante


Je t'ai laissé dans le chapitre précédent, cher lecteur, sur la première fessée administrée à une petite princesse débutante. Celle-ci est en général forte en émotions tant au fond d'elle même elle ne veut pas y croire, tout en y aspirant secrètement.

C'est la première caractéristique d'une jeune princesse, qui perdure dans le temps : cette ambivalence entre le désir et la crainte du châtiment. Aussi attends-toi à être confronté à un mélange de provocations et de supplications qui reflèteront l'état intérieur de la petite princesse confiée à tes soins. Tu devras apprendre à faire la subtile part des choses entre ces demandes contradictoires. Et ce qui te compliquera encore plus la tâche, c'est que chaque petite princesse est unique et a des besoins différents. Aussi tu devras découvrir ce qui lui convient au fond d'elle-même, et réagir en conséquence.

Mais, me demanderas-tu, comment doser avec justesse ces différents éléments ? Il n'y a pas de règle immuable, mais je te conseille, cher ami, afin de permettre aux petites princesses de trouver le cadre qui leur convient et à toi-même d'éprouver la satisfaction de les guider sur leur chemin, d'agir avec progressivité mais fermeté. Dans le récit qui suit, tu vas retrouver la jeune Herbeline une semaine après qu'elle ait reçu sa première fessée. Celle-ci avait bien porté ses fruits pendant quelques jours, mais ce matin-là, Herbeline s'était levée du mauvais pied. Elle avait décidé au fond d'elle même que tous ses caprices devaient être satisfaits, et elle était prête à se mettre promptement en colère s'il n'en était pas ainsi. Mais je te laisse découvrir ce qui lui est arrivé ... même si tu peux facilement l'imaginer, en te référant au célèbre dicton :

Princesse coléreuse bien vite se calmera,
Si rapidement à ses caprices on met le holà.

Ce matin là Herbeline s'était levée de méchante humeur. Peut-être était-ce dû au froid qui s’était installé la nuit, la forçant à se recroqueviller sous les couvertures, cherchant en vain une douce chaleur ? Mais même la flambée que sa douce et tendre amie Louise lui avait allumée le matin, dissipant l'humidité environnante de sa chambre, n'avait pas suffi à chasser sa bouderie.

- Allez, vite Herbeline, lève-toi à présent ! Regarde les belles flammes et entends ce bois qui crépite ! Dépêche-toi, sinon nous allons être en retard à notre leçon !
- Louisette ... j'ai froid, j'ai mal dormi, alors laisse-moi tranquille !
- Ah ! C'est comme cela que tu me remercies de t'avoir préparé ce feu ? Et apporté ce bol de lait fumant ?
- Je ne t'ai rien demandé, d'abord !
- Certes ... et bien puisque tu le prends comme cela, je te laisse ! Et je remporte mon lait ! Mais je te rappelle que nous sommes attendues à la leçon de Maître Samuel, et tu sais combien il déteste les retards ! Et je gage que tu emploieras un autre ton pour s'adresser à lui ...

- Je ferai ce que je voudrais !

Louise, vexée, était sortie de la chambre, laissant Herbeline seule, ce qui augmenta encore sa mauvaise humeur.

Au bout de quelques minutes, elle se leva, regretta d'avoir renvoyé  son amie et s'habilla rapidement en maugréant. Elle savait que Louise n'avait pas tort, et malgré ses imprécations, elle ne tenait pas au fond d'elle-même à arriver en retard. Mais malgré ses efforts, elle avait cepndant franchi la salle de classe avec cinq bonnes minutes de retard. Maître Samuel lui avait jeté un regard courroucé, et elle s'était empressée de rejoindre Louise en balbutiant qelques excuses, ce qui n'avait pas empêché Maître Samuel de lui décocher, telle une flèche du Parthe, au moment où elle s'asseyait :

- Cela ira pour cette fois-ci ... mais tenez vous à carreau, jeune Herbeline ... sinon vous aurez besoin d'un coussin la prochaine fois que vous viendrez vous asseoir sur ce méchant banc de bois.

L'allusion directe aux conséquences de la punition qu'elle était susceptible de subir la fit rougir.

Ce jour-là la leçon de géographie portait sur les territoires inconnus, cette zone mystérieuse que l'on nommait alors "Terra incognita" sur les cartes de géographie. Maître Samuel avait longuement parlé de ce qui allait au delà du monde connu, ces terres que certaines cartes peuplaient de monstres mystérieux :

- ... et c'est ainsi que vous pourrez voir parfois figurer sur les cartes l'expression latine « Hic sunt dracones », c'est à dire « Ici sont les dragons », accompagnée de magnifiques dessins de ...
- Pfff ... les dragons ça n'existe pas d'abord !

La leçon s'était brutalement interrompue. Herbeline avait parlé tout haut. Maître Samuel, qui goûtait fort peu ce type d'interruption, s'approcha de la princesse.

- Qu'entends-je ? Une remarque ? De qui ? Ah, Herbeline ... et bien ... croyez-vous vraiment que les créateurs de ces cartes croient aux dragons ?
- Euh ... non, je ne pense pas ...
- Alors  pourquoi selon vous ont-ils dessinés ces animaux fantastiques ?
- Sans doute ... une métaphore ? Symboliser la peur de l'inconnu ? 
- Nous y voilà ... et dans ce contexte ... croyez-vous que votre remarque soit pertinente ?
- Pas .. pas vraiment ...
- Bien. Vous resterez donc après la leçon pour balayer la salle de classe ... ce qui vous apprendra j'espère à ne pas parler pour ne rien dire ...

Quelques rires discrets fusèrent dans la classe.

Herbeline, qui était restée jusque là les yeux baissés, releva brusquement la tête. Etre grondée devant toute la classe était déjà humiliant, mais supporter les moqueries, même discrètes de toutes ses camarades lui était insupportable. Elle allait leur prouver qu'elle n'avait pas peur. D'un ton assuré elle lança :

- Maître Samuel ... Vous me fatiguez !

Tous les regards se tournèrent sur Maître Samuel dont toutes les petites princesses savaient qu'il détestait l'insolence.

- Ah bon ! Et puisque vous êtes fatiguée, Herbeline, vous allez faire la sieste cette après-midi ! Et c'est moi-même qui vous mettrait au lit ... et puisque nous parlions géographie, je pense que je vais découvrir à cette occasion - dans tous les sens du terme - deux jolies petites mappemondes ... qui bientôt ne seront plus terra incognita ... à moins que vous ne préfériez que nous commencions l'exploration dès à présent ?

Un léger murmure parcourut la classe, vite réprimé par Maître Samuel :

- Quelqu’une souhaite faire une remarque ? Peut-être une ou deux camarades de notre jeune princesses veulent se reposer avec elles cette après-midi ? Personne ? Bon ... Herbeline ... Vous viendrez me rejoindre dans mes appartements dès le repas fini.

Un grand silence s'installa.

Quel est le sort réservé à Herbeline ? Tu le sauras, cher lecteur, dans le prochain chapitre, où Maître Samuel va s'employer à prévenir cette dérive fâcheuse d'une petite princesse ...

vendredi 1 février 2013

Traité d'éducation des jeunes princesses à l'usage de leurs précepteurs - Chapitre I


De l'art de la pédagogie

Éduquer une jeune princesse est une rude tâche. Je te félicite, oh toi lecteur, de t’être engagé dans cette difficile mais noble voie. Mais pour que tu ne trébuches pas et que tu puisses atteindre le degré de maîtrise nécessaire, il te faudra d'abord apprendre l'art de la pédagogie. En effet, pour bien éduquer une jeune princesse, il est nécessaire de lui expliquer patiemment et avec les moyens appropriés ses erreurs pour qu'elle puisse progresser. Cette tâche qui se définit en quelques mots demande pour son accomplissement de suivre un long parcours.

Pour commencer, tu devras étudier la psychologie de la jeune princesse, qui fera l'objet de chapitres particuliers. Il faudra te souvenir que les jeunes princesses passent par différents stades. Tu ne traiteras pas de la même manière la jeune princesse en herbe, encore tendre et innocente, et la princesse expérimentée, insolente et rebelle, qui nécessite des moyens appropriés pour canaliser son énergie.

Mais revenons en à la pédagogie. Comment expliquer à une jeune princesse que son comportement est innaproprié ? Comme dans tous les chapitres qui suivront, plutôt que de longs discours théoriques, je te conterai, ami lecteur et impatient de progresser, des petites histoires . Puissent-elles illustrer et te faire comprendre les ressorts et les rouages qui régissent le comportement des princesses. Et pour aujourd'hui, je te ferai entrer dans l'univers de la jeune princesse Herbeline.

Il était une fois, dans un château pas très loin d'ici, une princesse qui se nommait Herbeline. Cette jeune princesse était fatiguée d’avoir veillé plusieurs jours de suite. Au lieu d'étudier les ouvrages de littérature recommandés par ses maîtres, elle préférait lire des romans d'amour courtois, tard, à la lumière d'une chandelle. Et elle rêvait ensuite toute la nuit, les yeux mis-clos, au chevalier qui viendrait un jour la chercher. Mais ces veillées tardives avaient rendu la petite princesse susceptible. Fatiguée, elle s’agaçait pour un rien. Comme elle était d'humeur joyeuse et avenante, souvent son précepteur se moquait gentiment d'elle. Elle manifestait d’ordinaire sa mauvaise humeur par une bouderie qui n'allait jamais vraiment bien loin. Mais ce jour là ...  

- Maître Samuel ! N'avez-vous pas vu mon roman qui décrit si bien la carte du tendre ?

- Mais dites-moi princesse Herbeline ...  ne deviez-vous pas plutôt me remettre votre version latine ce matin ?

En temps ordinaire la jeune princesse aurait rougi, se sentant prise en faute. Elle aurait baissé les yeux en balbutiant des excuses. Mais la fatigue aidant, toute à son excitation d'avoir rêvé à son prince charmant toute la nuit, elle lâcha :


- Oh j'en ai marre ! Je ne te calcule même pas !

- Herbeline ... il ne s'agit pas de calcul, mais de littérature ...
- Pfff ... en plus vous ne comprenez même pas le langage des princesses modernes !
- Ma petite princesse ... je vais vous expliquer comment être beaucoup moins insolente !

Maître Samuel prit le poignet d'Herbeline et la fit pivoter.

- Eeeeh !

Une seule claque partit sur sa fesse. Sèche. Herbeline fut tellement surprise que les larmes montèrent dans ses yeux.

- Mais ...
- Vous voyez ... juste une claque ... pour vous donner un avant-goût ... et ce soir ... vous viendrez me raconter votre journée ... je vous conseille de bien travailler votre version latine ... parce qu' avant d'aller au lit ce soir ... tôt ... vous recevrez la fessée ...

Herbeline frottait doucement sa fesse endolorie. Elle baissa les yeux. Une sensation de honte l'avait envahie et une boule s'était formée dans sa gorge.

- Je ...
- Travaillez-bien. Dans votre intérêt ...
- Mais ... que ... qu'est-ce que vous allez faire ce soir ? Vous ... n'allez pas ...
- Allez ! Au travail !

Le ton était sans réplique. Herbeline avait obéi. Elle s'était mise à sa version latine.


Le soir venu, elle entendit son précepteur rentrer. Il l'avait d'abord félicitée pour son travail, avait même paru étonné de ses efforts. Elle en avait ressenti une sorte de joie et de fierté en elle. Mais il lui avait aussi rappelé sa promesse.

- Au fait ... vous allez rejoindre votre lit céans, n'est ce pas ? Sans oublier ... que je n'ai pas fini de vous expliquer certaines choses sur votre comportement récent ...

Herbeline avait frissonné intérieurement.

C'était maintenant l'heure d'aller se coucher. Herbeline avait fait une toilette rapide et enfilé une fine chemise de nuit blanche qui laissait transparaitre son corps mince, ses petits seins qui dardaient sous l'étoffe, ses longues jambes fines et ses adorables petites fesses. Et elle attendait à présent dans sa chambre. Fébrile. Son précepteur entra.

- Bien ... tu es prête ?
- Prête ... mais à quoi ?
- Avez-vous oublié ?
- Ah oui ... c'est l'heure que vous me bordiez, c'est cela ?

Herbeline avait essayé de plaisanter ... mais en réalité elle n'en menait pas large. Maître Samuel fronça les sourcils.

- Herbeline ... je vais être clair. Votre conduite de ces derniers jours ne me convient pas du tout. Vous n'êtes pas sérieuse. Et vous continuez à répondre à ceux qui sont en charge de votre éducation. Il est temps que cela cesse. Que l'on vous tance ... sévèrement ...
Allons ... venez ici maintenant.


Herbeline s'était sentie très mal à l'énoncé de cette litanie de reproches.

- Mais ... je ... j'ai travaillé aujourd'hui ...


- Je sais ma petite Herbeline ... je sais ... j'ai été étonné ... dans le bon sens ... au fond je sais que vous êtes de bonne volonté ... j'ai confiance en vous ... et c'est pour cela que pour ce soir ... la fessée que je vais vous administrer ne sera pas déculottée ... si vous ne vous rebellez pas bien sûr ...

L'espace d'un instant Herbeline crut défaillir. La suite se passa comme dans un rêve. Maître Samuel l'attira vers elle et la bascula sur ses genoux, malgré ses cris de protestation.

- Maître! Maîîîîîîîîître ! Nooooooooon !

Ce fut rapide. La chemise de nuit relevée sur ses reins, la main du précepteur s'abattit une dizaine de fois alternativement sur ses deux petites fesses. Des claques appuyées mais pas méchantes, juste assez cependant pour qu'elle ressente une légère douleur. Mais ce fut la honte qui l'envahissait qui fit rougir ses joues.

- Herbeline ... faut-il que je continue ?
- Noooon... Nooooon ...
- Allez-vous poursuivre vos efforts à présent ?
- ...
- Ou faut-il que je découvre ce soir ces deux charmants globes encore à portée de ma main ?
- Non !
- Alors ... vous savez ce qu'il vous reste à faire ...

Il releva doucement la petite princesse en herbe qui se réfugia dans ses bras. Un flot d'émotions contradictoires l'assaillait. Elle se mit à pleurer.

- Voilà ... doucement ... c'est fini ...
- Maître Samuel ... je ... j'ai honte ...
- Cela fait partie de la punition ma petite Herbeline ...
- ...
- Allez ... vous allez vous reprendre j'en suis sûr ... et vous savez maintennat ce qui vous attend sinon ...
- Maître ... vous ... vous me pardonnez ? Je me rends compte à présent ... J'ai ... été ... insolente ... paresseuse ... je regrette ...
- Bien sûr que je vous pardonne ... vous avez été punie ... et vous le serez chaque fois que cela sera nécessaire ... pour votre bien ...
-  ...

Ce soir là, Herbeline s'endormit calme et apaisée, mais dans ses pensées dansait cette phrase : "la fessée que je vais vous administrer ne sera pas déculottée ... si vous ne vous rebellez pas bien sûr ..." Alors, au moment de sombrer dans le sommeil le plus profond, elle sut ... qu'un jour ... elle se rebellerait ... Il ne pouvait pas en être autrement ...


Et si tu ne devais retenir qu'une chose de ce chapitre, ami lecteur, c'est que la pédagogie réside dans l'art de la répétition ... aussi tu ne ménageras pas ton temps et tes efforts pour encore et toujours expliquer ce qu'il en est aux jeunes princesses, en long, en large et, s'il le faut, en travers ... (Note: sur le manuscrit original quelques mots quasi-illisibles suivent, mais on distingue de manière tout à fait surprenante le terme "genoux").


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