samedi 18 septembre 2010

Tu es allée trop loin ...

Marion n'avait eu de cesse, ce dernier trimestre, de me demander mon aide pour terminer avec succès son année d'étudiante en troisième année de fac de littérature. Aide morale que je lui avais prodiguée de nombreuses heures en la soutenant et en la coachant, en lui remontant le moral à défaut de pouvoir lui expliquer en détail les subtiles différentes entre les figures de style qu'elle devait réviser, de l'oxymore à la paranomose en passant par l'anadiplose. Anadiplose ? Oui, même l'anadiplose ! 

Elle avait échouée. Les figures de style n'étaient pas son fort.

- Marion ... tu n'as qu'a t'en prendre à toi-même ...
- C'est pas juste ! Et de toute façon tu ne m'as même pas aidé !
- Pardon ?

Marion fit une moue désabusée.

- Ben oui ... tu ne m'as pas soutenue ...
- Je crois qu'il vaut mieux être sourd que d'entendre cela.

Ma dernière répartie s'était faite sur un ton calme. Je sentais Marion énervée, et je me demandais si elle allait se calmer ou au contraire continuer ses reproches mêlés de mauvaise foi. Elle était vêtue d'une courte jupe noire, dont l'étoffe légère mettait en valeur ses cuisses bronzées. Le regard que je lui jetais ne laissa aucun doute sur mes intentions. La perspective de lui montrer les limites à ne pas dépasser avec une méthode tout à fait old fashioned n'était après tout pas pour me déplaire.

- Je crois que tu as besoin de comprendre certaines choses.
- Ah bon ? Ben moi je crois pas !
- C'est ça ... tu as besoin d'aide pour comprendre, je crois ... et comme je sens que tu en as besoin, je vais faire ... je vais faire un geste pour toi, si tu vois ce que je veux dire ... Tu as simplement besoin qu'on te traite comme une gamine, puisque tu te conduis en vraie gamine. Pour un peu on dirait que tu vas bouder ...
- De toute façon j'en ai rien à f..., c'est largement de ta faute, et ...

Marion n'eut pas le temps de finir sa phrase. Ma main s'abattit sur sa cuisse nue juste en dessous de sa robe légère.

- Aie !
- Je crois que tu mérites une bonne leçon. A défaut d'avoir appris les tiennes.

Je savais que dans ces circonstances Marion ne goûtait pas vraiment mon humour. Mais je savais aussi qu'au fond d'elle même elle aspirait à cette fessée, qui allait enfin résoudre les tensions internes qui l'habitaient.

- Marion ! J'en ai tout simplement marre de ton attitude ! Il est temps que tu grandisses, et je vais t'y aider !
- Je suis grande !
- Oui, c'est vrai, 1m72, on ne peut pas dire le contraire ....
- Tu te crois malin peut-être ?!
- Je crois surtout que tes fesses vont rougir sérieusement.

Nous avions assez parlé. Il était temps de passer à l'action. Il était temps de laisser tomber les mots, en les remplaçant par ma main ...

- Marion ... tu vas recevoir une fessée cul nu.

Marion avait blêmie. 

- Je ... Nooon ! J'ai ... j'ai ... j'ai trop honte ...
- Marion ... je crois que cela te fera le plus grand bien ...
- Mais ...
- Marion ... tu es allée trop loin ...

Fessée et BDSM

Lorsque j'ai commencé à assumer mon fantasme de fessée je me suis posé la question de sa relation avec le BDSM, et de mon attirance ou non vers ces pratiques, sachant que la fessée est souvent considérée comme une pratique de base du BDSM, du BDSM "vanille" en quelque sorte. J'ai découvert que certaines pratiques pouvaient me parler, comme celle d'attacher ma partenaire (maintenir par un lien, à la fois physique et symbolique, est une sensation très forte) , mais j'ai découvert au final que beaucoup de choses ne me parlaient pas, ne m'attiraient pas.

Par exemple :

- Je ne suis pas attiré par l'exhibition. Les sexes offerts et montrés crûment n'éveillent pas en moi le désir. Je déteste par dessus tout les gros plans explicites lorsque je regarde une vidéo faisant intervenir une fessée. Je préfère ce qui est caché, ce qui est à dévoiler, ce qui constitue pour moi tout le jeu de l'érotisme. Avant de mettre à nu j'ai besoin d'imaginer, de rêver, d'où mon attirance sans doute pour les tenues courtes (shorts, jupes courtes, ...) que mes lecteurs (que j'espère être en majorité des lectrices ;-) ont pu remarquer.

- Je ne suis pas à l'aise avec le fait d'administrer de la douleur que j'estime violente via des pinces, de la cire chaude, des lanières de cuir par exemple ... (hormis le martinet sur les fesses et les cuisses qui ne me pose pas de problème ...). Est-ce une question de "mesure" ?

- Les codes vestimentaires BDSM ne résonnent pas en moi, de même que les lieux - donjons, cachots, chaînes, croix de St André ... - qui sont peut être trop éloignés pour moi de la réalité, trop "artificiels" ... mais je ne nie pas que cela puisse être ressenti différemment par les pratiquants puisque tout cela existe ...

- Les codes de communication (maître, esclave, soumise) me dérangent dans le sens où dans une relation, j'ai besoin d'affirmer bien évidemment mon autorité et ma fermeté, mais j'ai du mal à imaginer un lien de dépendance où la personne serait en permanence dépendante de mon bon vouloir et de mes ordres. J'ai besoin qu'elle assume sa liberté, même si pendant certains instants privilégiés c'est moi qui vais détenir l'autorité et le lui faire savoir. J'ai l'impression d'autre part que dans ce monde BDSM on peut dériver vers la manipulation (consciente ou inconsciente) d'un maître ou d'une maîtresse qui chercher à profiter de la personne qu'il/elle a en face pour satisfaire ses propres désirs, sans échange véritable, une sorte de relation qui peut vite devenir à sens unique (et en cas de doute ou de mal-être de la soumise, il est facile de répondre sur l'air de : "je suis ton maître et de toute façon, par définition, je sais ce qui est bien pour toi", avec au bout du compte une sorte de chantage et/ou de manipulation). Je ne veux en aucun généraliser, ce type de relation est parfois sur le fil du rasoir, et j'imagine que certaines relations sont équilibrées et remplies d'amour et de respect. Mais j'ai eu quelques doutes sur certaines quand j'ai lu ici ou là sur la toile des récits sur des forums ou des blogs.

Le BDSM et la fessée me paraissent être deux moyens d'arriver pour les personnes qui le pratiquent à atteindre des états de bien-être, de jouissance, de relâchement de tensions faisant intervenir tous les deux la douleur et le lâcher-prise. J'ai l'impression que la différence est dans l'imaginaire exploré : le BDSM me paraît faire intervenir des univers adultes et très codifiés (donjon, chambre des tortures, ...) alors que la fessée le fait par la mise en scène de situations régressives faisant intervenir des figures tutélaires de l'autorité, d'où les nombreux scénarios professeur-élève pour ne citer que ceux là.

La limite entre ces deux univers n'est probablement pas aussi étanche que cela, je donne juste mon ressenti personnel.

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